Dans les débats publics, il existe une formule magique : « C’est politique. »
Le problème, c’est qu’elle répond rarement à la question.
D’ailleurs, le mot politique possède deux sens.
Le premier concerne la gestion de la vie collective : les projets, les budgets, l’urbanisme, les décisions publiques.
Le second renvoie aux partis, aux élections et aux rivalités entre élus.
Or, lorsqu’un habitant, un groupe d’habitants ou une association pose une question sur un projet communal, il parle du premier sens.
Et pourtant, la réponse semble souvent l’envoyer directement vers le second.
Un peu comme si quelqu’un demandait pourquoi un arbre a été coupé et qu’on lui répondait :
« Parce que c’est botanique. »
Certes.
Mais cela n’explique toujours pas pourquoi l’arbre a été coupé.
Au fond, dès qu’un citoyen donne son avis sur un sujet qui concerne la collectivité, il fait de la politique.
Et c’est une excellente nouvelle.
Cela s’appelle simplement la démocratie.
Alors la prochaine fois qu’un argument est qualifié de « politique », peut-être faudrait-il répondre à la seule question qui compte :
Est-il bon ou mauvais ?
Parce qu’après tout, reprocher à un débat public d’être politique, c’est un peu comme reprocher à un poisson d’être dans l’eau.
Heureusement que les citoyens et les associations font de la politique.
Car si seuls les élus avaient le droit de réfléchir à l’intérêt général, la démocratie serait un concept assez limité.
Une commune n’a pas besoin de spectateurs disciplinés. Elle a besoin d’habitants qui s’intéressent à son avenir.
Après tout, les citoyens, eux aussi, participent au débat.