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Et si ralentir faisait gagner du temps ? Éloge de la lenteur

Le 21 juin représente certes la fête de la musique, toutefois c’est aussi la Journée internationale de la lenteur.

Une journée qui peut sembler surprenante dans un monde où tout semble aller toujours plus vite.

Pourtant, cette philosophie a inspiré bien au-delà de quelques adeptes de la sieste ou de la promenade dominicale. De nombreuses villes ont rejoint le réseau Cittaslow, un mouvement international qui promeut un développement urbain centré sur la qualité de vie, les échanges humains, les circuits courts et une réduction du rythme effréné qui caractérise souvent nos sociétés modernes.

Et lorsqu’on y réfléchit, ce n’est pas si absurde.

Parfois, la meilleure façon d’éviter un échec est justement de ralentir avant qu’il ne soit trop tard.

Notre époque aime la vitesse.

Les réponses rapides.
Les décisions rapides.
Les résultats rapides.
Et, si possible, pour hier.
À première vue, cela semble logique.

Après tout, avancer vite paraît toujours préférable à avancer lentement.

Enfin… pas toujours.

Imaginons une voiture roulant à vive allure.
Tant que la route est dégagée, tout va bien.
Mais si un mur apparaît devant elle, accélérer n’améliore généralement pas la situation.
C’est même souvent l’inverse.
Dans la vie collective, les décisions importantes ressemblent parfois à ce trajet.

Lorsqu’il s’agit d’aménagement, d’environnement, de finances publiques ou de projets qui engagent l’avenir pendant plusieurs décennies, prendre un peu de temps n’est pas forcément une perte de temps.

C’est parfois un investissement.
Car ralentir permet de regarder autour de soi.
De vérifier la carte.
D’écouter les remarques.
D’examiner les alternatives.
Et parfois même de découvrir un obstacle que personne n’avait vu.

Bien sûr, cela peut être frustrant.

Le débat prend du temps.
Les explications prennent du temps.
Les ajustements prennent du temps.

Mais les erreurs aussi. Et souvent beaucoup plus longtemps.

C’est d’ailleurs une étrange habitude humaine.

Nous acceptons facilement de passer plusieurs heures à réparer une erreur.

Mais nous trouvons parfois excessif de consacrer quelques minutes à essayer de l’éviter.

Dans les articles précédents, nous avons vu que les idées différentes et les questions pouvaient parfois sembler dérangeantes.
Pourtant, elles jouent souvent le rôle de panneaux de signalisation.
Elles ne bloquent pas la route.
Elles indiquent simplement qu’il peut être utile de ralentir avant le prochain virage.

Au fond, la lenteur n’est pas l’ennemie du progrès.

C’est parfois sa meilleure alliée.

Car avancer vite est une qualité. Avancer dans la bonne direction en est une autre.
Et lorsque les deux se rencontrent, les décisions ont généralement plus de chances de traverser le temps.

Alors, à l’occasion de cette Journée internationale de la lenteur, prenons peut-être quelques secondes pour réfléchir à cette idée : ralentir ne signifie pas renoncer à avancer.
Cela signifie simplement prendre le temps de savoir où l’on va. Le débat fait partie intégrante de cette lenteur, débat qui ne peut pas être balayé.