Imaginons une expérience : deux personnes proposent exactement la même idée. Mot pour mot.
La première est applaudie.
La seconde est immédiatement critiquée.
Étrange, non ?
Pourtant, cela arrive beaucoup plus souvent qu’on ne l’imagine.
Pourquoi ?
Parce que nous avons tous un petit réflexe très humain.
L’image avant le message, la forme avant le fond
Avant même d’écouter une idée, nous regardons parfois qui la porte :
Un voisin.
Une association.
Un élu.
Un expert.
Un ami.
Ou quelqu’un avec qui nous sommes rarement d’accord.
Et, sans nous en rendre compte, cette première impression influence déjà notre jugement.
Pourtant, une idée n’appartient à personne.
Une bonne idée ne devient pas mauvaise parce qu’elle est formulée par quelqu’un qui pense différemment.
Et une mauvaise idée ne devient pas bonne parce qu’elle est portée par une personne que l’on apprécie.
Accepter l’écoute
Dans les précédents articles, nous avons vu que certaines idées pouvaient être dérangeantes, qu’elles invitaient parfois à ralentir et qu’elles méritaient d’être examinées.
Encore faut-il accepter de les écouter.
Car en démocratie, la véritable question n’est peut-être pas : « Qui parle ? »
Mais plutôt : « Que dit-on ? »
Les faits sont-ils exacts ?
Les arguments sont-ils solides ?
La proposition peut-elle améliorer la situation ?
Voilà les questions qui font avancer la réflexion.
Après tout, lorsque quelqu’un vous indique qu’il pleut, vous regardez généralement par la fenêtre. Vous ne commencez pas par lui demander pour qui il vote.
Au fond, les idées sont un peu comme les graines.
Peu importe la main qui les sème.
Si elles sont bonnes, elles finiront par pousser.
À condition, bien sûr, de leur laisser une chance.