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Attention à l’effet secondaire…

Les articles précédents nous ont amenés à une idée assez simple : le débat n’est pas un problème.

Au contraire, il permet souvent de mieux comprendre les sujets et d’améliorer les décisions.

Mais que se passe-t-il lorsque les questions sont régulièrement accueillies par :

– C’est politique.
– C’est polémique.
– Cela crée des tensions.
– Ce n’est pas le moment.

Au début, cela ne change pas grand-chose.
Les habitants continuent à poser des questions.
Les associations poursuivent leurs réflexions.
Les échanges continuent.

Puis, petit à petit, un effet secondaire apparaît.

Un effet discret.

Presque invisible.

Les questions deviennent moins nombreuses.

Les remarques se font plus rares.

Les propositions alternatives disparaissent progressivement.

Pourquoi ?

Parce qu’il est humain de se demander :

À quoi bon ?
À quoi bon poser une question si elle est immédiatement rangée dans une catégorie plutôt que discutée ?
À quoi bon proposer une idée si elle est considérée comme gênante avant même d’être examinée ?
À quoi bon participer si la conclusion semble déjà connue ?

Alors le silence s’installe.
Doucement.
Sans bruit.

Et c’est là que la situation devient trompeuse.

Car le silence ressemble parfois au consensus.

Pourtant, les deux sont très différents.

Le consensus signifie que les personnes ont échangé, débattu et trouvé un accord.

Le silence signifie simplement que plus personne ne parle.

Prenons l’exemple d’une salle de classe.
Si aucun élève ne pose jamais de question, deux hypothèses existent :

  1. soit tout le monde a parfaitement compris ;
  2. soit plus personne n’ose lever la main.

Et chacun sait laquelle des deux situations est généralement la plus probable.

Une commune fonctionne un peu de la même manière.

Les questions, les remarques et les critiques ne sont pas des nuisances : Elles sont des signes d’intérêt.

Elles montrent que des habitants consacrent encore du temps à réfléchir à l’avenir collectif.

Au fond, le véritable danger n’est pas le désaccord.

Le véritable danger est l’indifférence.

Car une idée contestée peut encore être discutée.

Une idée ignorée disparaît simplement.

Et lorsqu’une commune cesse progressivement de débattre, il devient parfois difficile de savoir si les problèmes ont disparu… ou si les habitants ont simplement renoncé à les signaler.