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Promesse ou illusion ? Les 700 logements en projet sont bel et bien maintenus à Réau !

Au regard des échéances proches, notre esprit critique doit rester aiguisé : le temps des promesses flatteuses est venu. Il est indispensable de distinguer le vrai du faux.

Vous avez peut-être reçu récemment un prospectus de l’actuel maire. Celui-ci affirme avoir entendu les inquiétudes des Réaltais et annonce, sur le seul périmètre de l’ancienne zone Bouzygues, sa volonté de réduire de moitié le nombre de logements.
Flatteur ? Oui, de prime abord. Mais même divisée par deux, cette perspective resterait très au-dessus des objectifs fixés par les documents supracommunaux (SDRIFe et SCoT), qui orientent l’aménagement régional et territorial et préconisent 91 logements à programmer d’ici 2040 — position défendue par l’association depuis des mois.

Mais de quelle « moitié » parle-t-on exactement ? Aucun chiffre n’apparaît dans le prospectus. Posons les bonnes questions : depuis la réunion publique du 10 février 2025, il a été évoqué la création d’un quartier de 700 logements à Réau, soit l’équivalent d’un doublement du parc actuel (701 logements recensés sur la commune). Or, lorsque le maire semble s’engager, aucun nombre précis n’est donné.

Promesse du maire

Ne soyons pas dupes : ce jeu de passe-passe aboutit toujours au même résultat. L’ordre de grandeur du projet reste, dans les faits, autour de 700 logements, et non la moitié comme nous pourrions tous le croire.

Démonstration.


Le prospectus évoque – pour la première fois par ailleurs – le seul périmètre de l’ancienne zone Bouzygues.

La question est donc la suivante : le périmètre de l’ancienne zone Bouzygues correspond-il au périmètre du projet porté par le maire ?

Non. Le périmètre de l’ancienne zone Bouzygues est inclus dans le projet, mais ne représente qu’environ 5 hectares, alors que le projet s’étend sur près de 18 hectares (17,8 hectares précisément).

La promesse affichée ne concerne donc pas l’ensemble du projet.


Le prospectus renvoie à « l’engagement de 2009 » : il s’agit de la convention d’intervention foncière de 2009, déjà analysée par l’association.

De cette convention, il ressort une densité de 35 logements par hectare.

Sur 5 hectares (ancienne zone Bouzygues), cela représente donc théoriquement :
35 × 5 = 175 logements.

Réduire « de moitié » ce total revient à n’en faire que 87 (arrondi à l’entier inférieur), soit 88 logements de moins.

Précisons que cette promesse contredit, par essence même, l’engagement de 2009, lui-même cité dans le prospectus et qui imposerait justement cette densité.
Il est juste à nouveau démontré que lorsqu’on veut réellement faire reculer — voire abandonner — un projet urbain, on peut le faire.


Si l’on s’en tient strictement au périmètre annoncé, on pourrait effectivement retenir une « économie » de 123 logements. Mais puisqu’on peut manier les documents officiels et les périmètres à sa convenance, regardons le projet dans son ensemble.

Sur l’intégralité des 17,8 hectares, les documents supracommunaux imposent, dans ce type d’opération, une densité de 45 logements par hectare. Et surtout : contrairement à la convention locale de 2009, sur laquelle le maire s’appuie régulièrement, ce sont bien les documents supracommunaux (SDRIFe à l’échelle régionale, SCoT à l’échelle territoriale) qui fixent le cadre opposable des orientations et densités. La convention de 2009 est un accord local, qui ne prime pas sur des documents supérieurs si le cadre a évolué.

Il faut donc nécessairement retenir la densité de 45 logements à l’hectare pour permettre la répartition des logements.

Ainsi, sur 17,8 hectares, le volume théorique serait :
17,8 × 45 = 801 logements.

En retranchant l’effet de la promesse (–123), on obtient :
801 – 87 = 714 logements. Soit un maintien des 700 logements souhaités.


La traduction concrète du prospectus est donc la suivante :
Par un jeu de formulation et en restreignant le périmètre retenu pour la promesse, le projet ne change pas. On affirme entendre les habitants, sans pour autant les écouter réellement.

Cette promesse n’est donc qu’illusion tentant à rassurer les habitants en cette période. Le maire souhaite toujours faire 700 logements, son prospectus n’est aucunement engageant envers une réduction.
Les orientations d’aménagement régionales nous imposent 91 logements. Pas plus.

Et le conseil municipal du 23 février 2026, qui devait justement permettre de faire remonter leur voix via un débat sur la pétition, s’inscrit dans la même logique : le sujet a été écarté d’un revers de main, sans même être abordé, au mépris des règles et usages en vigueur., rendant de fait irrégulier la tenue de ce conseil. A suivre.