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Logements et cadre de vie : le dilemme des dents creuses

La Déclaration d’Utilité Publique, la convention d’intervention foncière ou encore la prise d’initiative pour la ZAC des Prés Neufs Golf sont des notions fortes, déjà bien intégrées.

Mais éloignons-nous un instant de ce projet précis, sans trop nous en détourner : d’autres programmes de logements sont également prévus dans le village, suivant les préceptes du Plan d’Aménagement et de Développement Durables (PADD) présentés en conseil municipal le 27 janvier 2025.

Ces projets concernent principalement ce que l’on appelle des dents creuses. En urbanisme, une dent creuse désigne une parcelle non bâtie située au cœur d’un tissu urbain déjà construit. C’est un « vide » dans un alignement de bâtiments ou dans un quartier, qui peut résulter d’une ancienne zone agricole, de la démolition d’un édifice ou simplement d’un terrain resté vacant. L’image est parlante : comme chez le dentiste, il s’agit de combler un espace manquant.


Construire sur des dents creuses est une démarche logique :

  • elle permet de maintenir la cohérence urbaine,
  • elle limite la création de friches,
  • elle évite l’étalement urbain.

Mais encore faut-il choisir ces dents creuses avec discernement :

  • sont-elles réellement insérées entre deux fronts bâtis, ou marquent-elles une rupture dans le tissu urbain ?
  • sont-elles déjà affectées à d’autres usages, actuels ou prévus ?

Lors du débat sur le PADD du 27 janvier 2025 (réalisé sans délibération) et de la présentation du 10 février 2025, certaines parcelles identifiées comme dents creuses dans le nouveau PADD apparaissent discutables. En effet, des espaces auparavant réservés par le PLU à des aires de jeux, de loisirs ou de stationnement sont désormais envisagés pour accueillir du logement. Autrement dit, des lieux potentiellement dédiés à la détente ou à la fonctionnalité urbaine pourraient être requalifiés en terrains constructibles.

De la même manière, des lieux de vie actuels déjà utilisés par le public pour les usages précédemment décrits pourront se voir requalifier en dent creuse.

Quelques exemples :


Cette évolution pose une question centrale : si les espaces destinés à la convivialité et aux usages collectifs disparaissent au profit de logements, ne risque-t-on pas de transformer, en complément de la ZAC des Prés Neufs Golf, le village en simple cité dortoir ?

Le nouveau PLU n’est pas encore arrêté, mais les ambitions sont claires. Et réduire la position de l’association à un refus systématique de tout logement, comme (trop) régulièrement observé, serait une caricature improbable. La réalisation de logements est nécessaire, en réponse aux enjeux régionaux – 91 unités sont prévues par les documents supracommunaux – mais leur intégration doit se faire dans le respect d’un objectif plus large : préserver un cadre de vie agréable et équilibré.

Pourquoi vouloir transformer ainsi le village ? Y-aurait-il des intérêts qui échappent aux Réaltais ?


Sources pour aller plus loin :