
Malgré les engagements de la municipalité de respecter les orientations supra-communales, force est de constater l’écart entre celles-ci, très claires, et les choix locaux pour la révision du PLU en cours, notamment en termes de consommation des terres agricoles et d’évolution démographique.
Il est convenable d’observer que certains projets sont débattus depuis longtemps, toutefois les évolutions environnementales générales et les réflexions associées doivent permettre d’ajuster l’organisation du territoire.
Or la municipalité a-t-elle la capacité à revoir sa position individualiste qui oriente unilatéralement le devenir de la commune, malgré les inquiétudes des citoyens ? La conduite du changement reste toujours un défi : à la municipalité de le relever !
Petit point de situation
Malgré des objectifs territoriaux clairs, une volonté municipale imprécise ?
Les diverses précédentes analyses des documents supra-communaux renvoient un constat simple sur la révision du PLU à Réau : pourquoi, malgré une organisation claire de la région (SDRIF-E) et des orientations simples du territoire (SCoT), les volontés d’aménagement du territoire sur la commune de Réau (PLU) sont aux antipodes ?

Aux bons souvenirs d’un soir de février 2025…
En réunion publique du 10 février dernier, nous avons tous pu poser des questions sur la capacité de la commune à encaisser ces volontés d’aménagement alors que l’état de l’existant montrent déjà certaines limites. Nous avons également fait part de nos inquiétudes quant à l’insertion urbaine des projets d’aménagement envisagés.
« C’est l’État qui nous impose ! » Ah oui, et sur quelles bases ?
Pour seule réponse de la municipalité : « C’est l’État qui nous impose ! ». Avec le recul et les précédentes analyses, cette réponse catégorique perd en crédibilité.
Et quand les questions sur la définition des objectifs ont tentées d’être bottées en touche avec le même style de réponses municipales, après insistance et répétitions de ces questions, elles n’ont finalement pas été répondues. Et ont conduit à la clôture de la réunion publique.
Pourquoi les questions sur la définition des objectifs n’ont-elles pas été répondues ?
Car ces objectifs sont déjà définis depuis des lustres de manière unilatérale dans une pièce spécifique dressée par la municipalité : le programme de la mission du bureau d’études Synthèse Architecture, retenu pour l’élaboration du nouveau PLU.

Analyse du programme de la mission de révision du PLU
Un silence municipal sur diffusion de documents officiels, toutefois une pièce bien précise connue
13 avril 2022 : Attribution du marché pour la révision du PLU à la société Synthèse Architecture.
-> Révision du PLU opérationnelle, le travail peut commencer.
Depuis cette date, nos demandes de documents administratifs pour la révision du PLU n’ont jamais obtenu de réponses, du fait du silence de la mairie à ce sujet.
Toutefois nous avons en notre possession (téléchargé sur plateforme public lors de l’appel d’offres) le dossier de consultation des bureaux d’études ayant permis de recueillir les offres des sociétés concourant pour la révision du PLU. Et ces documents intriguent déjà…
Un programme de mission fléché
En toute logique, la révision est soumise aux orientations du SCoT et du SDRIF-E, telles que tout l’ensemble du Conseil l’a unanimement votée le 25 janvier 2021.
« Se mettre en compatibilité avec les documents supra-communaux existants » – décision approuvée unanimement par le conseil municipal du 25 janvier 2021
Sauf que le programme de la mission confiée au bureau d’études Synthèse Architecture, est déjà très fléché :
- Objectif de passer à 3500 / 4000 habitants (quid de la population carcérale non mentionnée), notamment au travers de la ZAC des Prés Neufs, indiquée comme développement à venir ;
- Développement économique de l’aérodrome de Villaroche.
Alors certes ces deux items rejoignent les enjeux communaux définis lors du conseil municipal du 25 janvier 2021, toutefois l’évolution principale porte maintenant sur un dénombrement clairement identifié du nombre d’habitants souhaité. Influence nette sur la mission du bureau d’études puisque ce dernier doit s’appuyer sur les diagnostics territoriaux et les documents supra-communaux avant de pouvoir faire une proposition objective sur l’évolution de la population.
Un objectif de population fixé en absence de considération de l’évolution environnementale du territoire.
Faire évoluer le programme ou s’entêter ?
Le programme de la mission pour la révision du PLU oriente ainsi déjà les objectifs communaux, tout en renvoyant, en son sein, quelques signaux clairs et négatifs sur la position réaltaise, « commune au cœur d’une zone agricole très artificialisée » avec « un maillage bocager quasi-inexistant« .
Alors que ces signaux représentent la force de notre territoire, également soulignés par le SCoT !
Alors oui la municipalité rappelle avec force, en tentant de ridiculiser la pensée alternative (par exemple mot du Maire – InfoRéau n°69 avril 2025), que cette évolution est identifiée depuis le début des années 2010. Il faut effectivement en convenir.
- Pense-bête
La commune de Réau garde la compétence urbanisme en son sein et est donc à la manœuvre pour permettre la révision du PLU.
A ce titre, et pour élaborer le nouveau PLU, elle se renforce en s’adjoignant les services d’un bureau d’études pour la dite révision.
Ridiculiser le droit à l’expression au détriment de la prise en compte d’enjeux globaux
Cependant si rien n’est sorti de terre depuis, il y a peut-être une raison. Et les observations du début des années 2020 (crise Covid, contexte géopolitique, décentralisation régionale – Grand Paris, évolutions climatiques… bases d’établissement du SDRIF-E) conduisent à revoir l’organisation de notre commune : une commune rurale permettant la préservation des ressources en vue de l’objectif de résilience de la région, via l’agriculture et le développement économique de Villaroche.
La conduite du changement s’applique-t-elle à tous ?
Néanmoins quand cet objectif de population est déjà défini et ainsi martelé par la municipalité comme une évidence depuis l’origine du monde, prendre en compte l’évolution environnementale du territoire, par cette dernière, est plus complexe que prévu : la municipalité demande aux habitants d’accepter leur conduite du changement, mais à l’inverse est-elle capable d’accepter les changements qui lui sont imposés ?
Car oui, au grand dam de certains, nous avons le droit de réfléchir, de faire évoluer les sujets et d’apporter une pierre à l’édifice, comme tout citoyen. La révision du PLU doit associer tout le monde : entités publiques – élus – citoyens.
Sources – pour aller plus loin
- Cahier des charges de la mission de révision du PLU de la commune de Réau
- InfoRéau n°69 – avril 2025 – mot du maire (non mis en ligne à la date d’écriture de cet article)

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