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Réau : terre de logements ? L’histoire démontre l’inverse

Extrait et simplification des articles originels « Les origines de la ZAC des Prés Neufs Golf : le contexte de la DUP de 2003 » publié le 09 décembre 2025 et « Convention d’intervention foncière : entre zones d’ombre, mélange des genres et insécurité territoriale » publié le 13 décembre 2025 par l’association.


Le SDRIF-E, précisant les orientations régionales d’aménagement, est pourtant clair : un projet de logements ne se décrète pas sur une pastille d’urbanisation préférentielle. Il doit être justifié par des besoins réels, clairement identifiés et précisément démontrés.

Or, sur ce point essentiel, les porteurs du projet sont incapables d’apporter une justification solide.
À la place, ils recyclent toujours le même récit : ce projet serait ancien, il viendrait de Déclaration d’Utilité Publique (DUP), des conventions, d’une histoire déjà écrite. En somme, il faudrait l’accepter parce qu’il existerait depuis longtemps.

Nous l’avons montré : ni la DUP de 2003, ni la convention de 2009 ne fondent un projet de quartier de logements. Ces outils n’ont jamais eu pour objet de créer, à eux seuls, un tel programme. Et c’est précisément pour cela que ces documents ne mentionnent pas le projet de logements qu’on cherche aujourd’hui à imposer.

La même chose vaut pour les conventions de 2017 et de 2023. Oui, elles évoquent des projets. Mais là encore, la réalité est implacable : l’un a été refusé par l’État, la ZAC des Prés Neufs ; l’autre n’a jamais été officiellement créé, la ZAC des Prés Neufs Golf.
Acheter des terrains avant toute autorisation d’urbanisme ne transforme pas un projet contesté en projet légitime. C’est seulement un risque pris par ceux qui veulent l’imposer.

Puisque les justifications administratives s’effondrent les unes après les autres, regardons l’histoire du territoire.

Et là encore, le récit officiel ne tient pas.

À la fin des années 1990, trois des cinq villes nouvelles d’Île-de-France — Évry, Cergy et Saint-Quentin-en-Yvelines — arrêtent leur urbanisation. Il ne reste plus que Marne-la-Vallée et Sénart.

Au début des années 2000, le développement résidentiel massif est pensé ailleurs, notamment autour du Carré Sénart, avec plusieurs milliers de logements, renforçant sa position centrale au sein de la ville nouvelle. Réau n’apparaît pas comme une commune appelée à absorber un vaste programme résidentiel.

En 2010, l’État cesse de subventionner l’EPA Sénart. L’établissement doit alors vivre de ses recettes, notamment de la vente de terrains à bâtir.

En 2013, le précédent Schéma Directeur de la Région Ile de France (SDRIF 2013) n’autorise déjà pas de logements sur Réau.
La même année, le Contrat de Développement Territorial de Sénart – équivalent du Schéma de Cohérence Territoriale de nos jours – reprend cette logique et n’impose aucun développement de logements sur la commune, comme le démontre les cartes ci-dessous.

Extrait de carte du Contrat de Développement Territorial de 2013 (les bulles représentent les nombres de logements – aucun sur Réau)

Puis vient le premier projet : la ZAC des Prés Neufs, concertée en 2014-2015.

Et en 2018, l’État met un coup d’arrêt : la DDT refuse le projet, estimant qu’il dépasse les capacités d’urbanisation autorisées pour un bourg comme Réau, au titre des documents supérieurs encadrant les orientations générales d’aménagement (SDRIF 2013 entre autres).

Voilà la vérité. La vérité des documents officiels.

L’histoire du territoire ne montre pas que Réau devait accueillir des logements massifs.
Elle montre au contraire :

  • qu’aucun document ancien n’imposait ce destin ;
  • que les outils administratifs invoqués aujourd’hui ne prouvent rien ;
  • et que l’État a lui-même refusé le premier projet.

Malgré cela, les terrains ont commencé à être achetés dès 2010, pour plusieurs millions d’euros selon l’exécutif municipal.
Autrement dit : on a acheté avant de sécuriser, on a dépensé avant de convaincre, et on a avancé avant même d’avoir le droit d’urbaniser.

Au bout du compte, toutes les tentatives de justification tombent.

L’argument administratif ne tient pas.
L’argument historique ne tient pas.
Le précédent projet a été refusé.
Et pourtant, la municipalité continue.

Face à cela, son silence devient de plus en plus lourd.

Car une question s’impose désormais, simple et brutale :
Si ni les besoins, ni l’histoire, ni les documents, ni l’État ne justifient ce projet, alors pourquoi continuer à vouloir l’imposer ?


Sources :