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Le projet de ZAC des Prés Neufs Golf est-il un projet d’intérêt national ?

Dans notre précédente minute, nous montrions comment la municipalité tente de donner au projet des Prés Neufs Golf une ancienneté qu’il n’a pas, en mélangeant DUP de 2003, convention de 2009, pastille préférentielle du SDRIF-E et autres habillages administratifs.
Le procédé continue aujourd’hui avec un autre argument massue – argument encore entendu lors de la cérémonie des vœux, dernier discours officiel devant tous : Réau serait en OIN, donc il faudrait construire. Là encore, c’est faux.

Une opération d’intérêt national n’est pas un blanc-seing donné pour urbaniser à volonté. Par définition, une OIN est un outil d’exception créé par l’État pour permettre la réalisation d’opérations stratégiques précises, sur des secteurs identifiés, avec des moyens particuliers. Le Code de l’urbanisme le dit clairement, tout comme le ministère chargé de l’aménagement : l’OIN sert un projet déterminé porté par l’État, pas une politique locale opportuniste que l’on étend ensuite à tout ce qui arrange.

Sur la commune, le projet clairement identifié comme stratégique à l’échelle nationale, c’est Villaroche. La Présidente de la Région, dans ses derniers (très) récents discours sur Réau, le présente comme un parc industriel de grande ampleur, destiné au développement de filières industrielles stratégiques, autour de l’aérodrome et de Safran.
En 2026 encore, c’est bien ce secteur qui fera l’objet d’une concertation officielle.
Voilà un projet d’intérêt national assumé, explicite, cohérent avec la vocation économique du site.

C’est là que la manœuvre politique apparaît. Parce que Réau est située dans le périmètre de l’OIN de Sénart, la municipalité laisse entendre que le projet de logements des Prés Neufs Golf découlerait presque naturellement de ce statut. C’est un raccourci trompeur.
Être dans une commune concernée par une OIN ne transforme pas n’importe quel projet récent en nécessité d’intérêt national. Cela ne dispense ni de démontrer l’utilité du projet, ni d’en justifier le périmètre, ni d’en assumer l’origine réelle.

C’est exactement le même mécanisme que celui déjà dénoncé dans l’article sur la pétition de principe : on pose une conclusion comme acquise, puis on accumule autour d’elle des éléments sans rapport direct pour lui donner l’apparence de l’évidence. Hier, c’était « il faut 700 logements ». Aujourd’hui, c’est « Réau est en OIN, donc ce projet serait logique. »
Dans les deux cas, on remplace la démonstration par l’affirmation.

Le fond du problème est toujours le même : Prés Neufs Golf est un projet récent, que l’on cherche à légitimer après coup en mélangeant les niveaux, les dates et les outils:

  • La pastille préférentielle du SDRIF-E n’est pas une obligation de bétonner (minute de l’urbanisme à venir sur la pastille préférentielle) ;
  • Une convention n’est pas l’origine automatique d’une ZAC ;
  • Et le fait que Réau soit dans une OIN ne permet pas de faire passer un projet de logements contesté pour une obligation d’État.

Non : ce projet doit être justifié pour ce qu’il est réellement, pas pour ce qu’on essaie d’en faire croire. Et c’est que les habitants attendent depuis le 10 février 2025, dernière réunion publique en date sur la révision du PLU (la concertation de l’EPA en juin était biaisée puisque les documents ne justifient pas les 700 logements).

À force de tout mélanger, la municipalité espère produire un effet simple : faire croire qu’il n’y aurait plus de choix, plus de débat, plus de responsabilité politique. Comme si tout était déjà écrit. Comme si l’OIN suffisait à faire taire les objections. Comme si le statut de Réau valait approbation automatique de n’importe quel programme de logements.

C’est faux. Et il est temps de le dire nettement : l’OIN n’est pas non plus un argument, encore moins une preuve. C’est un cadre.
Et ce cadre vise, à Réau, un développement stratégique précis : Villaroche.
Pas un chèque en blanc pour faire avaler aux habitants un projet récent, opaque et surdimensionné.

Ainsi si un projet de logements est envisagé, la première étape doit être une véritable concertation avec les habitants.
La concertation, ce n’est pas imposer d’emblée 700 logements puis demander aux habitants de les dessiner sur un plan.
La concertation, c’est commencer par une question simple : “Quel avenir voulons-nous pour notre village ?”

C’était exactement l’objectif de la pétition lancée en avril dernier : ouvrir le débat, comprendre, échanger et décider ensemble.
Encore faut-il ne pas chercher à polariser le débat pour mieux l’étouffer, pour tenter de procéder au doublement des logements actuels.