Explicité lors de la minute précédente, le PLU n’est pas un feu vert. C’est un cadre de règles, et ce cadre est lui-même fixé par des documents supérieurs :
– le SDRIF-E (région Île-de-France) – Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, et
– le SCoT (territoire) – Schéma de Cohérence Territoriale pour le territoire de GPS.
Donc, le PLU suit une stratégie : il ne l’invente pas.
Depuis le début, nos analyses s’appuient sur ces bases :
- SDRIF-E approuvé en juin 2025 ;
- SCoT arrêté le 14 février 2025 (GPS), puis soumis à enquête publique.
Et c’est là que le dossier devient explosif, notamment sur les promesses régulières en comparaison aux données du projet que l’on entend :
– 500 logements suivant la prise d’initiative de 2021 ;
– 700 logements suivant la concertation pour ce projet en 2025;
– 713 logements suivant le calcul produit autour de la première promesse municipale des derniers jours;
– 350 logements si on quantifie ainsi la dernière promesse de la municipalité.
Trop de nombres ? Retenons 696 logements – tout est expliqué dans cet article.
Deux versions du SCoT… et une « petite » différence à 700 logements près
Nous avons constaté des changements entre la version du SCoT mise à disposition du public (celle de février 2025) pendant l’enquête et la version approuvée le 16 décembre 2025.
Jusque-là, rien d’anormal : une enquête publique sert aussi à améliorer un document.
La surprise vient de Réau : l’exécutif municipal a formulé un avis présenté comme officiel (Personne Publique Associée), avec cette demande :
“Préciser la production de logements de la commune liée aux capacités d’extensions du SDRIF-E…”
Or, que dit réellement le SDRIF-E sur les extensions ? Il parle de possibilités encadrées, pas d’obligation chiffrée automatique de production de logements :
- 10 hectares maximum en extension ;
- des projets denses et de qualité ;
- et surtout une justification des besoins à court et moyen terme.
Bref : on peut, si on justifie. Ce n’est pas un ordre à construire.
Pourtant, dans le SCoT approuvé au 16 décembre 2025, la « petite » différence, avec la version mise à l’enquête, se traduit par une inscription de 696 logements sur Réau en plus des 91 logements déjà visés par le SDRIF-E à l’horizon 2040.

La question est simple :
Comment passe-t-on de règles générales (10 ha, qualité, justification des besoins) à un nombre ultra précis de +696 logements ?
Qui a calculé ? Sur quelles données ? Où est la justification publique ?
Plus grave : créer la contrainte, puis dire « on n’a pas le choix »
Depuis février 2025, les habitants demandent : d’où vient cette volonté d’urbaniser autant ? Réponses : silence, pétition balayée, dénigrement des signataires et aucune explication claire.
Et demain, le scénario est écrit : on vous dira « on n’a pas le choix, c’est le SCoT » — comme on a déjà entendu « c’est l’État« .
Sauf que le comble, ici, c’est ceci : si cette « obligation » de logements a été poussée pendant l’enquête publique par l’exécutif municipal, alors prétendre ensuite qu’elle « s’impose » devient un tour de passe-passe.
Et comme cet avis officiel a été porté sans délibération du conseil municipal et sans rendre compte aux élus et aux habitants, alors on ne parle plus de désaccord politique, comme souhaite l’imposer l’exécutif municipal à quiconque pense autrement : on parle de légitimité démocratique et de sécurité juridique.
En 2025, la seule intervention notable de l’exécutif municipal sur les dossiers d’urbanisme se résume à un passage en force des logements, omettant toute écoute, tout en promettant monts et merveilles en temps voulu. Drôle de vérité…